Reading at B2: Travail, santé, alimentation et littoral

TCF and TEF Canada · Compréhension écrite · Level B2 · practice set 1 · about 10 minutes

Lisez chaque document, puis répondez aux questions.

Document 1

Article de presse

La semaine de quatre jours séduit des PME de la Beauce

Depuis janvier, une dizaine de petites et moyennes entreprises de la Beauce testent la semaine de travail de quatre jours, sans baisse de salaire. L'expérience, d'une durée d'un an, est suivie par une équipe de chercheurs en gestion qui publiera un premier bilan au printemps.

Pour les employeurs, la motivation est d'abord pratique. Dans une région où le taux de chômage frôle les 3 %, recruter un soudeur ou une technicienne comptable relève de l'exploit. « Nous n'arrivions plus à concurrencer les salaires des grandes villes. Offrir trois jours de congé par semaine, c'est un argument que nos concurrents n'ont pas », résume le propriétaire d'une usine de portes et fenêtres.

Les premiers résultats semblent encourageants : l'absentéisme a diminué et aucune des entreprises participantes n'a signalé de baisse de production. Les employés disent mieux concilier travail et vie familiale, notamment ceux qui ont de jeunes enfants.

Le modèle a toutefois ses limites. Dans les commerces et les services à la clientèle, où il faut assurer une présence cinq ou six jours par semaine, l'organisation des horaires devient un véritable casse-tête. Certains salariés reconnaissent aussi que des journées de dix heures sont épuisantes. Les chercheurs restent donc prudents : selon eux, il est trop tôt pour savoir si les gains observés dureront une fois l'effet de nouveauté passé.

1.Pourquoi ces entreprises testent-elles la semaine de quatre jours ?
2.Quelle est la position des chercheurs ?

Document 2

Éditorial

Se faire soigner en français ne devrait pas être un luxe

Le Courrier du Nord

Dans le Nord de l'Ontario, une personne âgée francophone qui arrive à l'urgence n'a aucune garantie d'être comprise dans sa langue. La loi provinciale reconnaît pourtant le droit de recevoir des services en français dans les régions désignées. Entre le principe et la réalité, l'écart reste immense.

On objectera que la pénurie de personnel touche tout le monde et qu'il serait irréaliste d'exiger des infirmières bilingues dans chaque service. L'argument n'est pas sans fondement. Mais il oublie une chose : en santé, la langue n'est pas une question de confort. Un patient qui comprend mal son diagnostic suit moins bien son traitement, oublie des rendez-vous et revient plus souvent à l'hôpital. Le coût de l'incompréhension, au bout du compte, est payé par tout le système.

Des solutions existent. Repérer, dès l'inscription, les patients qui préfèrent le français ; afficher les compétences linguistiques du personnel ; offrir l'interprétation à distance en tout temps ; et surtout, former davantage de professionnels issus de nos communautés, qui ont plus de chances de rester travailler dans la région.

Rien de tout cela n'exige une révolution. Il suffit d'une volonté politique qui, jusqu'ici, s'est surtout manifestée dans les discours.

3.Quel est l'argument principal de l'éditorialiste ?

Document 3

Rapport

Projet pilote de réduction du gaspillage alimentaire à la cafétéria du cégep : rapport d'évaluation

Objectif. De septembre à décembre, la cafétéria a testé trois mesures pour réduire la quantité de nourriture jetée : des portions offertes en deux formats, la suppression des plateaux et la vente à prix réduit, en fin de journée, des repas non vendus.

Résultats. Les déchets alimentaires sont passés de 42 kg à 27 kg par jour en moyenne, soit une baisse d'environ 35 %. La suppression des plateaux explique à elle seule près de la moitié de cette diminution : sans plateau, les clients prennent moins de plats d'accompagnement qu'ils ne finissent pas. La vente à prix réduit a connu un succès inégal : populaire auprès des étudiants le lundi et le mardi, elle a été presque ignorée le vendredi, jour où la fréquentation de la cafétéria chute.

Les portions de petit format représentent 18 % des ventes. Un sondage mené auprès de 310 usagers montre que 74 % d'entre eux se disent satisfaits des changements. Les principales critiques concernent l'absence de plateaux, jugée peu pratique par les personnes qui transportent plusieurs articles.

Recommandations. Le comité recommande de maintenir les trois mesures, de mettre quelques plateaux à la disposition des personnes qui en font la demande et de remplacer la vente à prix réduit du vendredi par un don des surplus à l'organisme communautaire voisin.

4.Selon le rapport, quelle mesure a eu le plus d'effet ?

Document 4

Article de presse

Péninsule acadienne : la mer gagne du terrain

Sur la côte de la Péninsule acadienne, le chemin qui longeait autrefois la plage de Pointe-aux-Hérons se termine aujourd'hui brusquement, au bord d'une falaise de sable. En vingt ans, la mer a avancé de près de quinze mètres à certains endroits, emportant des chalets, un belvédère et une partie du terrain de camping.

Les tempêtes d'automne, plus fortes et plus fréquentes, accélèrent le phénomène. Autrefois, la glace qui se formait le long du rivage protégeait la côte pendant l'hiver ; elle se forme désormais plus tard et fond plus tôt, ce qui laisse le sable exposé aux vagues.

Face à cette menace, les résidents sont divisés. Certains réclament la construction d'enrochements, ces murs de grosses pierres qui brisent les vagues. D'autres rappellent que ces ouvrages, très coûteux, déplacent souvent le problème : l'érosion s'accentue alors sur les terrains voisins non protégés.

La municipalité a choisi une voie intermédiaire. Elle interdit désormais toute nouvelle construction à moins de soixante mètres du rivage et offre une aide financière aux propriétaires qui acceptent de déplacer leur maison vers l'intérieur des terres. « Ce n'est pas facile d'abandonner un terrain où sa famille vit depuis trois générations, admet le maire. Mais lutter contre la mer partout, à n'importe quel prix, n'est plus réaliste. »

5.Pourquoi la glace protège-t-elle moins la côte qu'avant ?
6.Comment le maire juge-t-il la stratégie de la municipalité ?